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Dame Nature contre garants de la morale.

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Le hibou


L'AVOCAT du DIABLE

G. Proulx comme P. Mailloux ont tous deux assumé la fonction d’avocat du diable et la démonstration précédente (cf: le paradis) de l’un vaut pour l’autre. Pourquoi ? Sur la forme, on pourrait penser que les propos de G. Proulx auraient du être plus modérés, mais alors auraient-ils été entendus par des personnes devant être sensibilisées par le sujet? c’est peu probable, la barrière a surmonter étant précisément l’indifférence. Dame nature a donc fait le nécessaire pour que les circonstances se prêtent à la situation. Il ne restait plus au Diable qu’à présenter la cause pour que son avocat, G. Proulx, la saisisse au moment le plus opportun en direct sur les ondes de son émission radio. Le coup d’envoi étant donné, les réactions ne se feront pas attendre, dont celles très vives des parents de la victime. Paradoxalement leur fille n’aura pas connaissance de l’incident au moment des faits.

L’intensité était donc suffisamment dosée pour interpeller les uns sans déranger l’autre comme il en a été pour toutes celles et ceux qui ont, ou n’ont pas, réagi. Le piège de l’enfer se situe à cet instant précis, et tous les anges sans exception vont y tomber les uns après les autres en cédant aux préjugés. Ces propos passionnés étant hors contrôle, ils servent une prise de conscience collective. Tous n’étant pas concernés, en l’occurrence la victime, l’impact révèle pour celles et ceux qui se sont sentis touchés un grave problème de négligence, et de responsabilité.

Essayez d’en trouver les raisons fondamentales en suivant la même trame que pour l’affaire P. Mailloux. Ces histoires vraies sont en réalité de très bons exercices de style.

G. Proulx commente un fait divers relatif à l’agression d’une jeune fille mineure qui a sciemment suivi celui qui allait devenir son agresseur. Il aurait pu faire exactement les mêmes commentaires pour une noyade ou un enlèvement parce que ce n’est pas la nature de l’acte qui le fait réagir, mais les circonstances de l’agression. Ce détail permet de cibler la raison fondamentale de la situation en toute objectivité.

Affirmer, comme l’a fait un journaliste présent à l’émission "tout le monde en parle" que le fait, pour une jeune fille, d’être dans la rue à 3h du matin n’est pas être une invitation au viol, ne peut se faire qu’à la condition de comprendre la situation dans le sens contraire. Il part du constat pour condamner l’agression. Cela relève d’un anachronisme. En effet, la jeune fille mineure, donc vulnérable, n’est pas dans la rue au milieu de la nuit parce qu’elle rentre chez elle après son travail. Elle sort de chez elle et fait aveuglément confiance à un « gentil » copain qui s’avère être en réalité l'agresseur. Elle n’est manifestement pas sensibilisée aux dangers qui peuvent la guetter. Les parents ont failli à leurs devoirs.

Comme il n’est pas possible d’identifier les prédateurs avant qu’il ne soit trop tard, il convient d’instruire les victimes potentielles sur les risques de rencontrer ces personnes et de prendre les précautions nécessaires pour éviter le danger. Il s’agit donc bien d’une négligence grave.

Sur le fond c’est un problème d’éducation. La réaction émotionnelle en donne l’explication. Les parents de la victime réagissent par rapport au journaliste et trahissent leur défaillance face à leurs responsabilités. Ils se trompent d’adversaire. S’ils avaient été à la hauteur de leur tâche, ils n’auraient pas eu besoin de se défendre, les circonstances les auraient disculpés d’elles-mêmes. En effet, il est possible d’imputer à l’agresseur la responsabilité de l’acte, mais pas celle des circonstances l’ayant conduit à commettre l’acte puisqu’il s’agit d’une imprudence. Certes, cela ne lui donne pas le droit d’abuser d’elle, mais c’est un prédateur, il a agit comme tel. De ce qui résulte, il en découle que les parents auraient du s’abstenir d’accuser le journaliste et comprendre qu’ils sont responsables d’avoir mis en danger la vie de l’enfant dont ils ont la charge.
Raison pour laquelle la victime n’entend pas les commentaires quand ses parents sont portés à réagir.

La prise de conscience porte sur un problème d’éducation qui doit être impérativement pris en considération. Une majorité de parents sont défaillants ou absents face à cette obligation. La réaction des auditeurs tend à prouver qu’ils mésestiment gravement le danger ou qu’ils n’en ont pas conscience. Raison pour laquelle ce fait est porté à la connaissance d’un large public.


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